Salut les explorateurs de l’IA !
Quinze jours sans newsletter, parce que l’agenda déborde, mais quinze jours qui valaient le détour. Le résumé en une image : tout le monde rame pour suivre la vague, y compris les plus gros. Uber a cramé tout son budget IA de l’année en quatre mois. Google, qui a pourtant ses propres puces, en est réduit à louer des GPU à SpaceX. Et Anthropic, qui frôle les mille milliards de valorisation et prépare son entrée en Bourse, publie au même moment un appel à mettre l’IA en pause.
Comme promis à l’antenne mercredi, je creuse aujourd’hui trois sujets que j’ai survolés en live : la thèse d’Anthropic sur l’auto-amélioration des modèles, l’étude qui dit que 77 % des dirigeants de PME françaises utilisent déjà l’IA (avec le recul critique qui s’impose), et l’encyclique du Pape sur l’intelligence artificielle. On ajoute le papier de la semaine, la rafale habituelle, et un coup de théâtre tombé pendant que je bouclais : Claude Fable 5 est sorti, puis a été débranché par le gouvernement américain trois jours plus tard. J’ouvre avec. C’est parti, on plonge.
⚡ Coup de théâtre : Claude Fable 5, sorti puis débranché en trois jours
Au moment où je bouclais ce numéro, Anthropic venait de sortir Claude Fable 5, le modèle le plus puissant qu’elle ait jamais rendu public. Le temps que cette newsletter arrive dans votre boîte, il avait déjà disparu. L’histoire mérite qu’on s’arrête, parce qu’on en voit rarement de pareilles.
Ce qu’il faut retenir : - Mardi 9 juin, Anthropic lance Fable 5, premier modèle public de sa nouvelle classe « Mythos », au-dessus de la gamme Opus, état de l’art sur quasiment tous les benchmarks, et gratuit pour les abonnés Pro, Max, Team et Enterprise jusqu’au 22 juin. - Vendredi 12 juin à 17h21 heure de Washington, le gouvernement américain (département du Commerce) ordonne à Anthropic de suspendre tout accès à Fable 5 et à sa version sans garde-fous Mythos 5, pour n’importe quel ressortissant étranger, à l’intérieur comme à l’extérieur des États-Unis, y compris les propres employés étrangers d’Anthropic. - Le déclencheur : une autre entreprise affirme avoir réussi à « jailbreaker » Mythos, ce qui a alarmé l’administration sur des risques de sécurité nationale. - Anthropic s’exécute et désactive les deux modèles pour tous ses clients dans le monde. Les autres modèles (Opus 4.8 en tête) ne sont pas touchés.
Ce que ça raconte vraiment : c’est le retournement parfait. Trois jours plus tôt, Anthropic publiait un essai appelant à « mettre l’IA sur pause » (j’y reviens juste en dessous). Trois jours plus tard, c’est le gouvernement américain qui appuie sur pause, de force, sur le modèle le plus puissant d’Anthropic. Le labo qui agitait le drapeau de la prudence s’est fait prendre à son propre jeu. Anthropic, de son côté, conteste publiquement : ses garde-fous étaient solides, couper un modèle entier pour une faille étroite crée selon elle un précédent dangereux, et l’entreprise dit travailler à rétablir l’accès au plus vite.
Pour nous, ça change quoi ? Concrètement, si vous êtes en France, donc ressortissant étranger au sens de cette décision, Fable a purement et simplement disparu de vos applis du jour au lendemain. Le repli, c’est Claude Opus 4.8, qui reste excellent. La leçon pratique : ne rebâtissez pas un workflow critique sur un modèle phare tout neuf dans sa première semaine, le sol peut bouger en 72 heures, et parfois pour des raisons géopolitiques qui n’ont rien à voir avec la qualité du modèle. Et un signal de souveraineté à garder en tête : un modèle américain peut être coupé par Washington pour les non-Américains. Si votre activité repose sur un seul fournisseur étranger, gardez un plan B sous le coude.
Sources : TechCrunch · CNBC · le communiqué d’Anthropic.
🏦 Uber a brûlé tout son budget IA de l’année en quatre mois
C’est l’histoire qui résume 2026. Uber a donné Claude Code et Cursor à ses équipes d’ingénierie, et la facture a explosé bien plus vite que prévu : le budget IA de toute l’année 2026 a été consommé en quatre mois, de janvier à avril.
Ce qu’il faut retenir : - Certains ingénieurs atteignaient environ 2 000 dollars de dépense IA par mois, là où les anciens abonnements d’outils tournaient plutôt autour de 30 à 40 dollars. - Uber n’a pas coupé l’accès, l’entreprise a posé un plafond de 1 500 dollars par mois et par salarié sur les outils de coding agentique. - Un classement interne qui mettait les équipes en compétition sur leur usage de l’IA a accéléré la combustion. - Le numéro 2 d’Uber, le COO Andrew Macdonald, doute publiquement du retour : le lien entre cette dépense et la valeur réellement livrée aux clients, selon lui, n’est pas encore là. Dans le même temps, le CEO Dara Khosrowshahi affirme qu’environ 10 % du code commité chez Uber est déjà écrit par des agents autonomes.
Ce que ça raconte vraiment : l’IA agentique a changé la nature du coût. Avant, un outil dev, c’était une licence fixe et prévisible. Maintenant, c’est un coût variable, à la consommation, qui peut être multiplié par cinquante quand l’outil marche bien et que les équipes s’en emparent. Le paradoxe, c’est que la facture qui explose est souvent le signe que ça fonctionne, pas l’inverse. Uber n’a pas reculé, l’entreprise a cadré.
Pour nous, ça change quoi ? Si vous donnez Claude Code, Cursor ou n’importe quel agent à vos équipes sans plafond ni suivi, vous pouvez prendre une facture de plusieurs milliers d’euros par personne et par mois sans l’avoir vu venir. Trois réflexes dès le jour un : un plafond par utilisateur, un tableau de bord de consommation que vous regardez chaque semaine, et surtout une ligne directe entre la dépense et un livrable mesurable. Sur les audits que je fais, je vois rarement le plafond et presque jamais le suivi de conso. C’est le premier chantier FinOps de l’IA, et il est devant nous.
Sources : Fortune, 26 mai · Inc..
🧠 Anthropic frôle les mille milliards, dépose son IPO, puis appelle à mettre l’IA en pause
La séquence est presque trop belle pour être vraie. En une semaine, Anthropic a levé 65 milliards de dollars (valorisation de 965 milliards, ce qui en fait la startup IA privée la plus chère du monde, devant OpenAI), a déposé le 1er juin un dossier d’entrée en Bourse confidentiel auprès du régulateur américain, puis a publié le 5 juin un appel à ralentir l’IA. Le labo qui appuie le plus fort sur l’accélérateur vous montre le frein.
C’est l’un des sujets que vous étiez plusieurs à me demander de détailler. Voici les noms et les faits que je n’avais pas en tête à l’antenne.
Le texte : il s’agit d’un essai publié par Anthropic, signé Jack Clark (le cofondateur en charge des politiques publiques) et Marina Favaro (responsable de la recherche interne sur les risques).
La thèse : les modèles s’approchent de ce qu’on appelle la recursive self-improvement, l’auto-amélioration récursive. En clair, une IA capable de concevoir et d’entraîner ses propres successeurs, plus vite que la société n’arrive à suivre. Clark estime que ce point pourrait être atteint d’ici deux ans. Ce n’est pas certain, ni inévitable, mais c’est jugé suffisamment plausible pour s’y préparer.
La proposition : non pas un arrêt unilatéral et immédiat, mais la construction d’un mécanisme coordonné et vérifiable, permettant à plusieurs labos, dans plusieurs pays (les États-Unis et la Chine en tête), de ralentir ou suspendre en même temps le développement des modèles les plus avancés si les risques montent. Le point dur, c’est la vérification : pouvoir s’assurer que les autres s’arrêtent vraiment, et qu’aucun acteur n’avance en cachette.
Ce que ça raconte vraiment : deux lectures, qui ne s’excluent pas. La première, sincère, est cohérente avec l’ADN d’Anthropic, qui s’est toujours positionné comme le labo de la sécurité. La seconde, stratégique, est qu’en appelant à réguler son propre secteur juste avant son IPO, Anthropic façonne le cadre réglementaire à venir pour qu’il lui soit favorable. Les deux sont probablement vraies en même temps. Détail qui pique, et qu’Anthropic assume : Claude écrit désormais plus de 80 % du code de la propre base de code d’Anthropic.
Pour nous, ça change quoi ? Si vous construisez sur Claude, retenez deux signaux. La pérennité d’abord : un fournisseur qui vaut presque mille milliards et entre en Bourse ne disparaît pas demain. La pression à monétiser ensuite : après une IPO, on optimise les revenus, donc surveillez les évolutions de prix et de conditions. La leçon de fond reste la même que d’habitude : ne mettez pas tous vos œufs chez un seul fournisseur de modèle.
Sources : Anthropic, dépôt S-1 · TechCrunch sur la levée · Al Jazeera sur l’appel à la pause.
🤖 Microsoft devient un labo, et la guerre des prix s’emballe par le bas
Pendant qu’on parle d’auto-amélioration et de pause, la course aux modèles, elle, accélère sur deux fronts opposés.
En haut de gamme, Microsoft prend son indépendance. À sa conférence Build, début juin, l’entreprise a dévoilé sept modèles maison baptisés MAI, entraînés de zéro et sans distillation d’autres labos : raisonnement, code, image, voix, transcription. Le navire amiral, MAI-Thinking-1, affiche 35 milliards de paramètres actifs et se dit au niveau de Claude Opus 4.6 sur le code. Surtout, Microsoft revendique avoir servi un cas client dix fois moins cher que GPT-5.5. Le message est clair : Microsoft cesse d’être le simple distributeur d’OpenAI et veut faire tourner ses propres modèles, moins chers, par défaut dans Office, Teams et GitHub Copilot.
En bas de gamme, c’est la guerre des prix. DeepSeek a rendu permanente une baisse de 75 % sur son modèle phare (environ 0,87 dollar par million de tokens en sortie). Alibaba a sorti Qwen3.7-Plus à près d’un sixième du prix de son flagship, avec un contexte d’un million de tokens. Et NVIDIA, le vendeur de pioches, donne carrément ses armes : son modèle ouvert Nemotron 3 Ultra (550 milliards de paramètres) est publié avec ses poids, ses données et ses recettes d’entraînement. La logique de NVIDIA est limpide : plus vous faites tourner d’IA ouverte, plus vous achetez ses puces.
Pour nous, ça change quoi ? Le coût d’un token d’IA de bon niveau s’effondre, trimestre après trimestre. Des cas d’usage que vous aviez écartés parce qu’ils étaient trop chers (traiter des milliers de documents, de mails, d’images) redeviennent rentables. Refaites le calcul régulièrement. Et gardez en tête la montée de l’IA locale et open source : faire tourner un modèle puissant sur votre propre machine, sans rien envoyer dehors, devient une vraie option pour les données sensibles.
Sources : Transcript keynote MAI, Microsoft · CNBC sur les modèles MAI · NVIDIA Research, Nemotron 3 Ultra.
🛠️ La pause pratique : 5 réflexes pour piloter votre budget IA (avant de finir comme Uber)
L’histoire Uber n’est pas une fatalité. Voici cinq réflexes simples pour profiter de l’IA agentique sans découvrir la facture trop tard.
Posez un plafond par personne dès le départ. Même large. Un plafond visible change le comportement, sans bloquer l’usage. Uber a tranché à 1 500 dollars par mois, à vous de calibrer selon vos métiers.
Regardez la consommation chaque semaine, pas chaque trimestre. La plupart des plateformes (Claude, OpenAI, les consoles cloud) exposent un tableau de bord d’usage. Si personne ne le regarde, personne ne pilote.
Reliez chaque euro dépensé à un livrable. La vraie question n’est pas “combien on dépense” mais “qu’est-ce qu’on a livré grâce à ça”. Un ticket fermé, une feature en prod, un compte-rendu produit. Sans ce lien, vous ne saurez jamais si ça vaut le coup.
Méfiez-vous des classements internes d’usage. Mettre les équipes en compétition sur “qui utilise le plus l’IA” pousse à la surconsommation pour la galerie, pas à la valeur. Mesurez le résultat, pas l’activité.
Arbitrez le modèle selon la tâche. Tout ne mérite pas le modèle le plus cher. Un petit modèle, voire un modèle local, suffit pour beaucoup de tâches volumiques. Le bon réflexe coût, c’est le bon modèle au bon endroit.
🔍 Le sujet qu’on creuse : 77 % des dirigeants de PME françaises utilisent l’IA, vraiment ?
C’est le chiffre que j’ai promis de détailler. Une étude menée auprès de 1 000 dirigeants de TPE-PME françaises affirme que 77 % d’entre eux utilisent l’IA au travail, et qu’ils déclarent gagner environ 5,3 heures par semaine. En parallèle, la France se classerait au 5e rang mondial pour l’adoption de l’IA générative, avec 47,8 % des actifs. Plutôt que de relayer le chiffre tel quel, creusons-le.
Qui a commandé l’étude. Elle émane d’OpenAI, en partenariat avec la CCI Paris et Booking.com, dans le cadre d’un programme d’accompagnement des PME. Ce n’est pas une raison de la jeter, mais c’est une raison de la lire avec recul : un acteur qui vend de l’IA a intérêt à montrer une adoption massive. À manier comme une étude d’acteur, pas comme une statistique neutre de l’INSEE.
“Utiliser l’IA” veut tout et rien dire. Entre le dirigeant qui a demandé une fois un mail à ChatGPT et celui qui a automatisé sa relation client, il y a un gouffre. Le taux d’adoption déclaré mélange ces deux réalités. Le chiffre intéressant n’est pas “qui a essayé” mais “qui a intégré l’IA dans un process récurrent”. Et là, sur le terrain, on est très loin des 77 %.
Les 5,3 heures gagnées sont déclaratives. Personne n’a chronométré. C’est une perception, et la perception de gain de temps est notoirement optimiste, surtout quand on est fier d’avoir adopté un nouvel outil. La vraie mesure (avant/après sur une tâche précise) donne souvent des gains réels, mais plus modestes et très inégaux selon les métiers.
Le décalage avec le terrain est instructif. Sur les audits que je mène, je vois beaucoup d’usage individuel et opportuniste, et très peu d’usage structuré à l’échelle de l’entreprise. L’écart entre “j’utilise l’IA” et “mon entreprise tire de la valeur de l’IA” est aujourd’hui le vrai sujet, et c’est exactement là que se joue la compétitivité des deux prochaines années.
Ce que j’en retiens : le chiffre des 77 % est un excellent argument pour convaincre un dirigeant sceptique de s’y mettre. Mais ne le confondez pas avec une preuve de maturité. L’adoption réelle, mesurée et rentable, reste un chantier largement devant nous. Bonne nouvelle au passage côté cadre légal : l’application des règles dures de l’AI Act sur les systèmes à haut risque est repoussée à fin 2027. Mauvaise nouvelle, ou plutôt vigilance : les obligations de transparence arrivent, vos chatbots devront bientôt se déclarer comme IA.
Sources : Étude OpenAI / CCI Paris / Booking · Siècle Digital sur l’adoption française.
🧠 Le papier de la semaine : les IA inventent des sources scientifiques, à grande échelle
Le papier qui m’a marqué cette quinzaine est aussi le plus inquiétant pour quiconque fait produire du contenu par une IA. Des chercheurs ont audité 111 millions de références dans 2,5 millions d’articles scientifiques, et estiment à près de 147 000 le nombre de citations totalement inventées pour la seule année 2025. Des sources qui n’existent pas, glissées dans des bibliographies qui ont l’air sérieuses.
L’idée simple : les modèles de langage, quand on les pousse, préfèrent inventer une référence plausible plutôt que d’admettre qu’ils ne savent pas. Et comme ces modèles sont désormais utilisés par tout le monde, y compris par des chercheurs pressés, le phénomène a explosé en 2025.
La métaphore que je retiens : un stagiaire brillant qui, pressé par le temps, cite des livres qui n’existent pas, avec un aplomb total. Tout sonne juste, mais une partie de la bibliographie est fictive.
Pourquoi ça compte pour vous : tout contenu produit par IA (note de synthèse, étude de marché, mémo juridique, devis sourcé) doit voir ses références vérifiées une par une. Plus troublant encore, la relecture par les pairs n’en attrape qu’une fraction. Même les filtres réputés sérieux laissent passer.
Mais attention à la nuance : une partie du phénomène est liée au fait que 2025 était une année charnière, où les modèles hallucinaient encore beaucoup. Les versions récentes, type GPT-5.5, hallucinent nettement moins. Le risque ne disparaît pas, mais il devrait se réduire à mesure que les modèles s’améliorent, à condition de garder un réflexe simple : ne jamais faire confiance à une source qu’on n’a pas ouverte soi-même.
Source : le papier sur arXiv.
🚀 En rafale, ce que le podcast a survolé
Google va payer SpaceX 920 millions de dollars par mois pour du calcul. C’est l’actu qui surprend le plus. Google, qui possède pourtant ses propres puces TPU, va louer environ 110 000 GPU NVIDIA à SpaceX, d’octobre 2026 à juin 2029, soit jusqu’à environ 30 milliards de dollars au total. Ces GPU sont probablement hébergés dans l’infrastructure Colossus de xAI, le labo d’Elon Musk. Autrement dit, un géant du cloud loue de la puissance chez un rival, faute de calcul disponible. Quand même Google manque de GPU, c’est que la pénurie est bien réelle. Source TechCrunch.
Gemini Omni continue de rendre tout le monde fou, et ElevenLabs sort un doublage bluffant. Côté Google, le modèle vidéo Omni alimente désormais Google Flow et enchaîne les usages viraux, jusqu’à un traducteur pour chien. Côté voix, ElevenLabs a sorti Dubbing v2, un modèle de doublage qui préserve votre voix et votre émotion en passant d’une langue à l’autre, sur plus de 90 langues. Je l’ai testé en direct mercredi en doublant un extrait du podcast, et le résultat est honnêtement impressionnant. Pour le marketing, la formation et la localisation de contenu, ça change la donne. Blog ElevenLabs.
Le Pape publie une encyclique sur l’intelligence artificielle. C’est le troisième sujet que j’ai promis de creuser. Le Pape Léon XIV a publié un texte long (environ 42 000 mots) entièrement consacré à l’éthique de l’IA. Au-delà de l’anecdote, le signal est fort : quand le Vatican consacre un document de cette ampleur au sujet, c’est que l’IA a définitivement quitté la sphère tech pour entrer dans le débat de société. La compréhension technique du texte est, d’après ceux qui l’ont lu en détail, étonnamment fine. Pour un dirigeant, c’est un rappel : la pression sociétale et éthique sur l’IA va monter, pas baisser. J’y reviendrai plus en détail bientôt.
La cyber rappelle que l’IA est aussi une porte d’entrée. Deux signaux. D’abord, une faille baptisée ChatGPhish montre qu’une simple page web piégée, qu’on demande à ChatGPT de résumer, peut suffire à fuiter des informations ou pousser un faux lien. Ensuite, la CNIL a infligé 5 millions d’euros d’amende à IQVIA sur des données de santé, en jugeant “pseudonymes” (donc soumises au RGPD) des données que l’entreprise disait “anonymes”. La leçon pour l’IA : croire qu’“anonymisé” suffit est le piège numéro un quand on nourrit un modèle avec des données clients. The Hacker News · CNIL.
📊 Le chiffre de la semaine : 93 milliards d’euros
C’est le montant annoncé au sommet Choose France 2026, le 1er juin à Versailles. Plus de la moitié de cette enveloppe est fléchée vers l’IA et les data centers. Dans le détail, SoftBank met 45 milliards d’euros d’ici 2031 dans des data centers des Hauts-de-France, et un “AI Campus” sort de terre en Seine-et-Marne avec Mistral, NVIDIA et Bpifrance, pour environ 7,5 milliards d’euros.
Pour situer : on parle d’un montant d’annonces supérieur au budget annuel de la Défense française. De quoi faire de la France une vraie place forte du calcul IA en Europe.
La nuance, et elle est importante : ce sont des engagements pluriannuels, étalés jusqu’en 2031, pas de l’argent déjà investi. L’histoire récente des grands sommets d’annonces invite à juger sur les chantiers livrés, pas sur les chiffres présentés. Mais le signal d’attractivité, lui, est bien réel, et il crée un écosystème local de compétences et de fournisseurs dont les PME peuvent profiter.
🎧 Pour creuser le sujet
J’ai détaillé toutes ces actus à l’antenne mercredi, avec le contexte et les sources à l’écran. Et vous pouvez retrouver le deck complet de l’épisode, avec toutes les sources cliquables, ici : live.tsunamia.fr/129.
👉 Écouter l’épisode #129 sur Acast
🎟️ L'Atelier Récif a eu lieu, et la suite se prépare
Mercredi 10 juin, onze indépendants et dirigeants ont passé la journée au Cirque, à Paris, pour installer l'IA dans leur activité : kinés, investisseurs immobiliers, entrepreneurs du loisir. Au menu, exactement les sujets de ce numéro : choisir le bon modèle selon ses usages, piloter son budget (le syndrome Uber, on en a parlé), et repartir avec ses premiers assistants configurés en séance.
La prochaine session est en préparation. Pour être prévenu en premier, répondez simplement à cet email. Et en attendant, le comparatif d'outils IA utilisé pendant l'atelier est en accès libre : tsunamia.fr/outils-ia.
Pour conclure
Une quinzaine où la réalité a rattrapé la hype. La facture qui explose chez Uber, la pénurie de calcul qui force Google à louer chez un rival, un labo à mille milliards qui demande lui-même qu’on lève le pied, et pour finir le gouvernement américain qui débranche de force son modèle le plus puissant, trois jours après sa sortie. La vague ne ralentit pas, elle change juste de main. Raison de plus pour apprendre à la lire.
Restez curieux, continuez à surfer.
— Dimitri
📬 Restons connectés - 🌐 Site : tsunamia.fr - 🎧 Le podcast sur Acast (et toutes les plateformes) - 📸 Instagram et TikTok - ✉️ Me contacter : contact@tsunamia.fr
TsunamIA est une marque propulsée par Intégralité Consulting.






